Dépasser le « verre à moité plein » - blogphilo.fr
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Dépasser le « verre à moité plein »

La théorie du « verre à moitié plein » nous incite à cesser de nous laisser absorber par le vide pour considérer également le plein. C’est estimer que l’homme, ou pour le moins certains individus, se focalisent sur le trajet qu’il reste à accomplir sans jamais prendre conscience, en même temps, du chemin déjà parcouru. Ainsi, ils se trouvent toujours dans le défaut, dans l’insatisfaction et donc plongés dans une sorte de morosité dont ils ne savent s’extraire. Lorsque nous considérons le verre à moitié plein, au contraire, nous changeons d’optique. Sans oublier ce qui manque, nous prenons conscience de ce que nous possédons déjà. Cette transformation du regard nous permettrait donc de nous extraire de cette morosité. C’est l’affirmation que notre état mental n’est pas seulement lié à la réalité qui nous environne mais également au regard que nous posons sur les choses et les êtres. Il ne s’agit pas ici de trouver le bonheur mais de reconnaître que tout n’est pas aussi sombre que nous avons tendance à le considérer.

Je dresse à dessein ce tableau à gros traits sans m’embarrasser des objections que nous pourrions faire à une telle théorie. Mon objectif, en effet, n’est pas ici de défendre cette affirmation et ce qu’elle sous-entend.

Chez Marc Aurèle, dans ses Pensées pour moi-même, nous trouvons une alternative bien moi connue mais d’un intérêt à méditer. Ainsi, il propose à son lecteur, s’il souhaite se ménager des joies, d’élaborer la listes des qualités des personnes de son entourage.

Nous pourrions considérer qu’il ne s’agit là que d’une variante du « verre à moitié plein », mais c’est loin d’être le cas. Dans la précédente théorie il s’agit pour l’essentiel de contrebalancer un désagrément sur un sujet donné par les avantages qui concernent ce même sujet. Ainsi, si l’on constate un défaut qui nous gène chez un individu, il conviendra de contrebalancer cette constatation désagréable par la reconnaissance d’une qualité chez ce même individu. Finalement, que le verre soit à moitié plein ou à moitié vide il le reste toujours à moitié.

Alors que la proposition de Marc Aurèle est, de son côté, pleine positivité. Il convient pour lui, non d’atténuer une morosité de fait mais de créer une joie sans mélange. Non pas d’associer une qualité pour tempérer un défaut mais de considérer les qualités seules, pour elles-mêmes. Il n’y a plus ici de moitié mais du plein.

Nous pourrions considérer que la solution finale consisterait à ne considérer toujours que le plein en ignorant le vide mais une telle proposition revient à adopter la méthode Coué. Car cela consiste à accepter de se voiler les yeux, refuser de considérer ce qui gène, vivre dans une réalité tronquée. Cette mauvaise foi appliquée à soi-même est de plus dangereuse car la réalité est insouciante de telle résolution et il y a fort à parier que la désillusion guettera la moindre occasion pour nous confronter au vide que nous tentons d’ignorer.

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